Cicindèle

Des lions, des tigres et des ours, oh là là!

Le billet d’aujourd’hui a été rédigé par Jessica Stillman, coordonnatrice des programmes scolaires de sensibilisation au parc provincial Bronte Creek.

Qu’est-ce qui est féroce comme un lion, rapide comme un tigre ou qui hiberne comme un ours?

Ces trois insectes incroyables!

Le fourmilion, la cicindèle (en anglais, tiger beetle, qui signifie littéralement « coléoptère tigré ») et l’isia isabelle (aussi appelée chenille d’ours laineux) ne sont peut-être pas les premières créatures qui vous viennent à l’esprit lorsque vous pensez à un prédateur à fourrure ou féroce, mais croyez-moi, elles sont très impressionnantes malgré leur petite taille!

De féroces prédateurs d’insectes

Les fourmilions ne sont pas du tout ce à quoi leur nom fait penser.

Vous vous imaginez une fourmi avec une crinière de lion? Ou peut-être un lion aussi petit qu’une fourmi?

Eh bien, même votre imagination la plus débridée n’a probablement pas pu imaginer le stade larvaire de cet insecte.

Fourmilions jeune et adulte
À gauche : le stade larvaire d’un fourmilion dans son terrier de sable, attendant que des insectes y tombent. À droite : fourmilion adulte avec un corps élancé et des ailes ressemblant à une demoiselle ou une libellule.

Ces insectes montrent vraiment leur côté lion en chassant les insectes pendant leur stade larvaire.

Une larve du fourmilion

Contrairement aux lions qui sont conçus pour chasser leurs proies, les fourmilions utilisent une technique légèrement différente avec leur corps bulbeux et leurs grandes pinces perçantes… elles tendent un piège!

En s’enfouissant dans le sol meuble, la larve du fourmilion construit une fosse conique en projetant de la terre meuble hors de son piège avec sa tête.

Lorsque la fosse est bien formée, le fourmilion tend son piège en positionnant sa mâchoire en forme de faux au fond, juste sous la surface.

Il attend que sa proie tombe dans la fosse et perçoit les vibrations de son repas qui tente de s’échapper.

Lorsque le repas tombe au fond du trou, COUIC!

Les pinces se referment autour de la proie, perforant l’exosquelette de l’insecte et lui injectant du venin. Le fourmilion peut maintenant aspirer le contenu de sa proie hors de l’exosquelette avant de jeter la peau vide en dehors du trou et de retourner pour un deuxième tour.

Bien que les fourmilions ne chassent pas nécessairement en meute, ces féroces prédateurs sont fiers d’une chasse bien menée.

Besoin de vitesse!

Les cicindèles sont un grand groupe de coléoptères connus pour leur nature prédatrice agressive et leur grande vitesse de course.

À l’âge adulte, les cicindèles à taches latérales se présentent dans une variété de couleurs irisées.

Cicindèle à six points

Elles sont facilement reconnaissables grâce leurs grands yeux exorbités, leurs longues pattes et leurs mandibules en forme de faux.

Les invertébrés comme les araignées, les coléoptères, les sauterelles et les fourmis doivent faire attention! Les cicindèles à taches latérales utilisent leur vision perçante pour repérer leurs proies, et leurs longues pattes pour s’élancer vers elles.

Curieusement, les cicindèles à taches latérales se déplacent si vite qu’elles ne peuvent pas traiter les choses qu’elles voient assez rapidement.

L’œil du tigre

Lorsqu’elles courent, elles sont temporairement aveugles. Cela signifie qu’elles doivent faire de brèves pauses pour se recentrer sur leur proie avant de continuer la poursuite.

Cependant, une fois que la proie est dans la ligne de mire de ces coléoptères rapides, il ne faut pas longtemps avant que leur cible ne soit broyée par de puissantes mandibules!

Cicindèle à taches latérales

La cicindèle étant l’un des insectes terrestres les plus rapides au monde, c’est facile pour elle d’être un incroyable prédateur, mais il est également difficile de se faire des amis.

Les cicindèles à taches latérales sont des insectes solitaires qui doivent être capables de chasser et de tuer sans aide pour survivre.

C’est une bonne chose qu’elles apprennent dès leur plus jeune âge à chasser seules!

Après avoir construit un terrier vertical, les larves utilisent les crochets le long de leur corps pour s’ancrer dans leur piège. À l’entrée de leur terrier, elles attendent de tendre une embuscade à leur proie.

Lorsque le repas idéal s’approche trop près de l’entrée, la larve attaque à la vitesse de l’éclair, saisissant sa nourriture avec des mâchoires acérées, en la tirant vers le bas dans le terrier!

Les techniques de chasse rapides et aveuglantes des cicindèles en font-elles un insecte dissident?

Je n’en suis pas certaine, mais je sais qu’elles en ressentent le besoin… le besoin de vitesse!

Le grand, minuscule insecte hibernant

Il n’y a pas de meilleur signe d’une chaude journée d’automne ou de l’arrivée du printemps que de voir une isia isabelle, au corps noir et brun distinctif, couvert de poils, traverser rapidement le chemin devant vous.

Chenille brune et noire

Ces chenilles duveteuses sont recouvertes de poils denses et rigides qui leur donnent l’apparence d’une créature recouverte de fourrure comme un ours.

La « fourrure » d’une isia isabelle ne la protège pas du rude hiver comme la fourrure des ours. Elle contribue plutôt à la protéger des prédateurs.

Lorsqu’elles sont effrayées, ces petites chenilles se recroquevillent en une boule duveteuse serrée, protégée de tous côtés par leurs poils hérissés.

isia isabelle

Ces petits poils se brisent facilement dans la peau de tout ce qui les touche, causant peu de dommages à la chenille, mais rappelant péniblement à tout prédateur de laisser cette petite chenille tranquille.

Bien que l’isia isabelle n’utilise pas sa fourrure pour les mêmes raisons que l’ours, ces deux créatures partagent une adaptation particulière : elles hibernent toutes les deux!

Cependant, leurs techniques d’hibernation diffèrent un peu.

Très froid!

Lorsqu’il est temps de commencer l’hibernation, l’isia isabelle trouve un endroit sûr où se blottir sous la litière de feuilles, puis son corps commence à fabriquer de l’antigel.

Cet antigel abaisse le point de congélation du sang de la chenille, ce qui empêche la formation de glace et la protège contre les détériorations cellulaires.

isia isabelle

Cela signifie que la chenille peut geler complètement, puis dégeler au printemps sans aucun dommage.

Grâce à cette étonnante adaptation, l’isia isabelle ne dépend pas de son corps duveteux pour se protéger du froid de l’hiver; elle l’utilise plutôt pour repousser les prédateurs qui pourraient profiter de sa petite taille.

La nature à plus petite échelle

Les parcs regorgent de créatures étonnantes, petites et grandes.

Il n’est pas nécessaire de voyager loin pour être témoin du style de chasse féroce d’un lion, de la vitesse incroyable d’un tigre ou de l’hibernation unique d’un ours.

Il suffit de repérer l’un de nos amis insectes à six pattes!

Vous avez vu un insecte étonnant lors d’une visite dans un parc et vous voulez en savoir plus à son sujet? N’oubliez pas de nous identiqueter sur vos photos d’insectes et d’autres espèces.

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